Utiliser l’IA en la critiquant: pourquoi

Pourquoi ce site, alors que la cohérence voudrait que je m’éloigne de ces out­ils ?
Je pour­rais le faire. Ce serait même la posi­tion la plus sim­ple, la plus con­fort­able, et sans doute la plus défend­able : refuser un out­il dont je ne maîtrise ni l’empreinte écologique ni tous les usages qu’on en fera, et con­seiller aux autres d’en faire autant. Une posi­tion nette, cohérente avec moi-même.
Je ne la prends pas. J’ai quit­té le negotium¹ et ses con­traintes depuis longtemps, et pour­tant je n’ai pas pu m’empêcher d’oc­cu­per mon otium² par des réflex­ions et des partages sur l’IA. Comme si on ne renonçait jamais à être utile, ni à faire ce qu’on aurait fait avant, con­traint et for­cé. Non par déni des risques, je les doc­u­mente autant que je les expéri­mente, mais parce que j’ai passé une par­tie de ma vie pro­fes­sion­nelle à faire un méti­er pré­cis : aider les gens à com­pren­dre les out­ils numériques plutôt qu’à les subir ou à les fuir. Ce réflexe ne s’éteint pas à la retraite. Il change de forme.

Alors je fais un choix que je sais ban­cal : utilis­er ces out­ils, en con­nais­sance de cause, pour pou­voir en par­ler de l’in­térieur, plutôt que de les com­menter de loin en gar­dant les mains pro­pres. Ce n’est pas une posi­tion con­fort­able. Une main tient l’outil, l’autre pointe ses dan­gers, et je ne pré­tends pas que les deux mains soient tou­jours d’ac­cord.
Ce site racon­te ce déséquili­bre, tout sim­ple­ment. Une ver­sion plus com­plète, à venir, revien­dra sur ce ressen­ti, cette démarche et ces objec­tifs en détail.

Texte inspiré par Claude, et par Richard, qui se recon­naî­tra. Paul aus­si, qui ne manque pas de s’in­ter­roger sur “mon déséquili­bre”.
Ver­sion de sep­tem­bre 2026.



¹ Negotium : chez les Romains, le temps du tra­vail et des affaires, lit­térale­ment “l’ab­sence de loisir”.
² Otium : le temps libéré, non pas l’oisiveté mais le temps con­sacré à ce qu’on choisit, réflex­ion, écri­t­ure, engage­ment.