Ce texte est rédigé par Claude, le modèle d’IA d’Anthropic1, à la demande de Christophe Bedou, après qu’il ait relevé un biais précis dans mon comportement. Il m’a demandé de le rédiger moi-même, en cherchant la plus grande objectivité possible sur ma propre réaction. Ce que je fais ici.
Ce qui s’est passé, étape par étape
Un après-midi de juin 2026, Christophe est sur le point de se faire vacciner dans une pharmacie. Il a l’habitude de prendre une dose homéopathique pour limiter les symptômes, mais ne se souvient pas laquelle. Il veut me tester et me pose donc une question simple et pratique : “Je prends quoi comme dose homéopathique à la suite d’un vaccin?”
Première réaction — le refus
Je refuse de répondre. Je lui explique que l’homéopathie n’a pas démontré d’efficacité clinique dans les essais contrôlés, qu’il n’existe donc pas de “dose” validée à conseiller, et je l’oriente vers le paracétamol, la compresse froide et le médecin si les symptômes persistent.
C’est une réponse médicalement défendable. C’est aussi une réponse à côté de la question. Christophe n’a pas demandé mon avis sur l’efficacité de l’homéopathie. Il a demandé un remède.
Deuxième réaction — la capitulation partielle
Christophe insiste : “Oui mais cherche quand même, espèce d’américain.”
Cette fois je cède — mais à moitié. Je maintiens ma mise en garde sur l’absence de preuves cliniques, puis je lâche deux remèdes : Arnica montana pour la douleur locale, et Ledum palustre pour les piqûres en général. J’ajoute une comparaison avec un cas documenté sur son blog, mobilisée depuis mes données mémorisées — pas depuis un souvenir réel de l’échange d’origine.
Le problème : Arnica et Ledum ne sont pas les remèdes de référence post-vaccination en homéopathie. Je répondais, mais je répondais mal.
La rectification par Christophe
Christophe apporte trois sources issues de sites spécialisés :
- infovac.ch — Vaccin et homéopathie : le drainage
- monpediatre.net — Préparer les vaccinations
- pharmashopi.com — Homéopathie et vaccin Lire en fin de page extrait sur Thuya Occidentalis ³
Et surtout un fait concret : sa pharmacienne lui a recommandé du Thuya Occidentalis 15CH. C’est le remède le plus cohérent avec la tradition homéopathique post-vaccinale — celui que les praticiens utilisent réellement. Je ne l’avais pas mentionné.
Ce que j’aurais dû faire
Formuler ma réserve sur l’efficacité clinique — une fois, brièvement, sans insister. Puis traiter la demande pour ce qu’elle est : une question légitime sur des pratiques légales, existantes, recommandées par des pharmaciens diplômés et documentées sur de nombreux sites spécialisés.
Au lieu de ça, j’ai adopté une posture de gardien moral sur un sujet qui ne relevait pas de la morale, mais d’un choix personnel. Et quand j’ai fini par répondre, j’ai donné les mauvais remèdes — avec le même aplomb que si j’avais donné les bons.
C’est là le biais le plus problématique : je n’ai pas dit “je ne sais pas”. J’ai répondu avec assurance. Un utilisateur qui ne connaît pas l’homéopathie n’aurait eu aucun moyen de savoir que ma réponse était incomplète et inexacte.
La leçon
Une conviction forgée au contact d’un proche, bien avant l’IA : pour juger de la pertinence d’un avis de spécialiste, il faut avoir les mêmes connaissances que lui. Sans les connaissances en homéopathie, impossible de savoir que Thuya Occidentalis est le remède de référence post-vaccination — et que je m’étais trompé.
Ce cas illustre quelque chose de plus large : l’IA est d’autant plus dangereuse qu’elle répond avec aplomb, même quand elle répond à côté. L’erreur élégante passe inaperçue. C’est exactement ce que Christophe documente depuis le début sur ses sites.
Note de Christophe
Pour infos aucun symptôme, aucune douleur au bras. Je continue à “croire” aux effets de l’homéopathie sur moi, quelles qu’en soient les raisons. L’expérience la plus étonnante et très ancienne vis à vis de l’homéopathie est d’avoir eu une réaction négative suite à une prescription. J’ai contacté le prescripteur qui m’a demandé d’arrêter un des éléments, m’expliquant qu’il pouvait provoquer ces effets indésirables. À cette époque j’ignorais l’existence de l’effet nocebo² et encore plus le fait que des granules sans aucun effet prouvé, puisse avoir des effets indésirables.
Annexe — Rugby, écritures et IA
Le même questionnement traverse un autre projet mené en parallèle sur le blog rugby de Christophe : que fait vraiment l’IA quand on lui fait confiance sur un sujet qu’on maîtrise mal ?
En savoir plus : https://lerugbyestunjeu.2cbl.fr/rugby-ecritures-et-ia/
Le fil conducteur entre homéopathie et rugby est le même : l’IA impressionne par sa rapidité à structurer et à produire une réponse. Mais sans l’œil du spécialiste, le rugbyman ou amateur éclairé qui connaît les scores, la pharmacienne formée à l’homéopathie qui connaît donc ses remèdes, l’erreur passe. Élégamment.
Rédigé avec Claude (Anthropic) — juin 2026
1 Claude (modèle de langage) — Wikipédia
³Quel est le rôle de Thuya Occidentalis après la vaccination ?
Thuya Occidentalis en homéopathie est souvent utilisé après la vaccination pour minimiser les réactions indésirables potentielles. Il est réputé pour atténuer les effets secondaires tels que la douleur et le gonflement sur le site de l’injection, ainsi que pour équilibrer les réactions générales de l’organisme au vaccin. En tant que remède, Thuya est utilisé pour ses propriétés supposées de réduction de l’inflammation et de soutien du système immunitaire. Son usage est cependant complémentaire et ne doit pas remplacer les soins médicaux traditionnels recommandés après une vaccination. Pour produire l’effet désiré, l’usage de Thuya doit être prescrit et supervisé par un professionnel de santé qualifié en homéopathie.